dimanche 10 avril 2016

Fichiers corrompus sous Lightroom mais visibles sur le réflex?

Dernièrement, j'ai eu la mauvaise surprise d'extraire de mon réflex les photos du shooting d'un spectacle, dont les deux tiers étaient corrompus.

J'ai compris ce qui s'est passé, et comme cela pourrait servir à d'autres, voici les explications.

Lors du déchargement des photos, j'ai utilisé la connexion USB de mon Canon EOS 6D. Windows 7 a commencé à lister les images contenues sur la carte, puis a semblé se bloquer:




J'ai fermé l'explorateur de fichiers, éteint puis ré-allumé l'appareil photo, et recommencé. Trois fois de suite, l'exploration du dossier n'est pas arrivé à sa fin. Aussi, j'ai décidé de sortir la carte SD de l'appareil, puis de la décharger via un lecteur de cartes.
Après import des photos sous Lightroom, lors de la sélection de l'une d'entre elles, la preview commençait par présenter une image correcte:



Puis après la fin du chargement (dont le statut en cours est visible grâce au "Chargement..." écrit au bas de la preview sur l'écran de gauche), je me retrouvais avec une image corrompue:



Dans un premier temps j'ai cru que des données avaient été perdues, mais comme il me restait un tiers de mes photos, je m'en suis contenté, puis fait un scan de la carte SD afin de détecter d'éventuels secteurs défectueux. Il n'y avait pas de secteurs en erreur matériel, seulement quelques uns, et moins de deux tiers, en erreur logique. J'ai donc réutilisé cette carte SD lors d'un second shooting.
Malheureusement, lors du déchargement de ce second shooting, que j'ai directement fait avec le lecteur de carte SD, une bonne partie de mes images étaient de nouveau corrompues. Après quelques recherches sur internet, j'ai eu l'idée de vérifier si l'appareil photo arrivait à lire correctement ces images, y compris en zoomant. Et voici ce que j'ai constaté:





L'appareil semblait avoir accès à une version valide du fichier. La partie de l'image qui était corrompue sur Lightroom ne l'était pas sur l'appareil.

J'ai compris que le problème venait du lecteur de carte SD, et qu'un déchargement en USB depuis l'appareil photo était la seule solution pour récupérer mes données. J'ai donc pris mon mal en patience, et finalement réussi à récupérer toutes mes photos valides, par USB, directement depuis l'appareil photo.

Je ne sais pas ce qui cause parfois la lenteur de Windows 7 pour lister le contenu d'un dossier de la carte de l'appareil photo, mais tant que les photos sont visibles sur le boîtier, il reste un espoir de les récupérer intacts. Ce qui n'exclue pas de récupérer des photos que même l'appareil ne parvient pas à afficher, mais il faut pour cela passer par des méthodes de data carving, que je n'ai pas la place de détailler ici (voir par exemple PhotoRec).

Une dernière chose importante à noter : les images dont je parle ont été faites au format RAW, ce qui signifie que le fichier CR2 contenant la photo contient également plusieurs images au format jpeg, servant de preview afin de ne pas avoir à lire la totalité des informations brutes pour récupérer un aperçu de la photo. C'est pour cette raison que certains programmes affichent une version valide d'un RAW corrompu, parce qu'il ne font que lire et afficher les previews jpeg, et non les données brutes au format RAW. C'est aussi pour cela que Lightroom afficher d'abord une image correcte, puis la remplace par sa version corrompu, une fois qu'il a terminé de lire toutes les données brutes.

J'espère que cet article pourra servir à d'autres photographes qui tomberont sur le même problème que moi.

samedi 8 février 2014

Voyage photographique à Tromsø, le bilan

Bien longtemps après mon retour de Norvège (je pensais avoir le temps de m'en occuper durant les semaines qui ont suivi), voici la vidéo dont la réalisation était l'un des objectifs de ce voyage (je vous conseille le plein écran en HD).


Lors de son montage, j'avais dans un premier temps écrit qu'il était impossible de filmer une aurore boréale, tant le phénomène peut avoir des mouvements rapides tout en étant très peu lumineux. Lorsque j'étais là-bas, j'ai vu un film sur elles au planétarium de Tromsø. Il avait été réalisé avec de gros moyens mais ne contenait que des timelapses du phénomène. Je suis également passé en mode vidéo un soir où je les photographiais, mais l'écran de contrôle était tellement noir que je me suis arrêté là. Par acquis de conscience, une fois de retour, j'ai recherché sur internet si il existait des vidéos de ce phénomène, et à ma grande surprise il y en avait.


Ce qui fût un peu rageant à ce moment, c'est de découvrir que l'une d'elle, l'une des plus belles d'ailleurs, avait été fait avec un matériel très proche de celui dont je disposais. Je relativise cependant, car il n'y a jamais deux aurores boréales semblables, et ce que l'on pourra filmer lors d'un phénomène de grande ampleur, comme celle ci-dessus, faite avec un activité solaire de Kp=5, ne sera absolument pas possible avec une activité solaire de Kp=3, comme ce fût le cas pour la photo ci-dessous.

When nothern lights make themselves quite

Ce que je retiens de ce voyage, c'est d'abord le caractère exceptionnel de l'aurore boréale. C'est un phénomène qui prend tout le ciel, avec une multitude de mouvements, et même si à l'œil nu il n'y a que la couleur verte de visible, il est d'une grande beauté.

L'aurore boréale est aussi très imprévisible. On sait lorsqu'on ne pourra pas la voir (à cause des nuages), mais on ne sait pas quand elle apparaîtra. Même par nuit claire, avec une activité solaire très présente, j'ai été le témoin de son absence. Aussi, j'ai eu beaucoup de chance d'en voir quatre en ne passant que huit nuits là-bas, d'autant plus que, je l'ai appris une fois sur place, la période de l'année à laquelle j'y étais n'est généralement pas porteuse de beau temps.

D'un point de vu technique, il est possible de faire des photos d'une aurore boréale avec n'importe quel matériel capable de photographier la voie lactée. La seule limite est la durée du temps de pause, afin de ne pas avoir d'étoiles en arc de cercle. Pour la vidéo en revanche, le minimum est un appareil photo plein format (pour la montée en ISO) avec un objectif ouvrant à f/1.4. Par conséquent, on ne pourra faire mieux que 24mm à une telle ouverture, mais pour les photos il sera plus intéressant de disposer d'une focale encore plus courte, 16mm ou moins, comme du 15mm fisheye, on se contentera alors d'une ouverture de f/2.8.

lundi 11 novembre 2013

Voyage photographique à Tromsø, jour 9

Ce dernier jour à Tromsø est celui du retour vers la France. Je prends l'avion à 14h, si bien que suite à la soirée d'observation de la veille, cela me laisse juste le temps d'écrire le post de blog du jour précédent, de préparer mes affaires, et de partir pour l'aéroport.


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Une fois encore j'ai eu de la chance, le vol dura tout le long coucher de soleil. Grâce à mon siège près du hublot, j'eus tout le loisir d'admirer et de photographier le paysage éclairé par la lumière rasante. Pour ne rien gâcher, la lune était là aussi.


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Les premières neiges donnaient l'impression de survoler le Groenland (même si ce dernier est beaucoup moins peuplé et nettement plus montagneux, je vous l'accorde).

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Je trouve que les norvégiens ont pas mal d'humour. J'en veux pour preuve le sac mis à disposition des passagers. Il est écrit dessus les différents usages que l'on peut en faire. Si je traduis, voici à peu près ce que cela donne : "Vous pouvez utiliser ce sac de nombreuses façons: pour le mal du de l'air. Pas de problème. Il est étanche. Comme une marionnette amusant l'espace de 15 secondes. Assurez-vous qu'il soit vide avant. Pour la nourriture ou les affaires que vous souhaitez emporter. Quelque soit le brillant usage que vous en ferez, nous espérons qu'il vous sera utile."

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Pour revenir sur une particularité de cette ville, je voudrais vous montrer la page météo du journal local.

Journal

Ce qui est intéressant, en plus du découpage des côtes dû aux fjord, c'est de voir tout en haut mentionnés les heures de marées, ainsi que celles de lever et de coucher du soleil. J'avais déjà parlé des marées au sujet du premier timelapse que j'ai fait ici, et qui a terminé les pieds dans l'eau. Contrairement à notre latitude, où les heures de lever et de coucher du soleil ne changent que d'une minute par jour, c'est jusqu'à douze minutes de jour que les habitants de Tromsø peuvent perdre d'un jour sur l'autre. On comprend alors mieux l'importance de connaître chaque jour l'éphéméride.

Une autre chose que j'ai découverte dans cette ville, se trouve dans leurs tunnels.
Lorsqu'on regarde google maps afin d'aller de l'ouest à l'est de l'île, on voit ceci:




On prend Kvaløyvgen (en haut à gauche, en jaune), pour tourner à droite sur la 862. Là, on entre dans un tunnel. On se dit: "Je vais en ressortir avant d'arriver de l'autre coté de l'île, là où il y a les rond-points". Puis, après un kilomètre de tunnel, on voit ceci:


Et on découvre qu'il existe des rond-points sous-terrain.

Deux images que je voulais partager avec vous pour finir ce billet sur mon dernier jour à Tromsø.

Panoramic_tromso

Celle-ci a été faite le jour 3, depuis le sommet de la montagne qui surplombe la ville. Je l'ai faite à l'iPhone, mais assemblé avec Hugin.

Panorama

Celle-là a été réalisée selon le même procédé, mais à partir d'images de l'EOS 6D. C'est probablement le plus beau panorama qu'il m'ait été donné d'admirer lors de mon retour depuis Alta.

Vous pouvez cliquer sur chacune d'entre elles pour les agrandir.

Voilà, ainsi s'achève la série de billets sur ce voyage en terres d'aurores boréales. Je vous remercie de m'avoir suivi, et vous donne rendez-vous prochainement sur ce blog pour vous présenter les versions traitées des photos et des timelapses d'aurores boréales que j'ai faits.