mardi 1 mai 2012

"Je voudrais un appareil qui fait de belles photos."

N'avez vous jamais entendu cette phrase, vous qui pratiquez depuis des années, ou qui débutez en photographie?

Cette simple phrase fait bondir les puristes, mais j'ai récemment trouvé une analogie qui me semble bien représenter ce qu'est la photo par rapport au photographe et à son matériel, et qui montre bien aux personnes qui ont déjà prononcé cette phrase qu'ils font fausse route.

Imaginez quelqu'un entrant dans un magasin de sport de Lacanau, il s'approche d'un vendeur et lui demande : "Je voudrais une planche de surf qui surf bien."
Le ridicule de cette phrase n'échappera à personne, même à ceux qui ne sont jamais allés à l'océan. Pourtant, avec la photographie c'est la même chose, mais trop peu de gens s'en rendent compte.

Pour surfer il faut des vagues, même le champion du monde ne pourra exécuter de belles figures sans elles. Pour faire de la photo il faut de la lumière, et même le plus renommé des photographes, avec le meilleur matériel, ne pourra rien sans elle.
Comme un surfer rentrera tôt de la plage à cause d'une mer trop calme, le photographe rangera son appareil à cause d'une mauvaise lumière.
Oui, il est très difficile voir impossible de surfer sur une porte en bois, et il faut au moins avoir une planche de la bonne taille, du bon poids et de la bonne forme pour prendre une vague, mais sans vague rien n'est possible.

On considère de plus en plus les photographes comme des "pousse bouton". Ceci vient du fait qu'ils disposent de nos jours de planches hyper sophistiquées, stabilisées, qui savent tirer le meilleur de chaque vague. Mais qui décide dans quelle vague aller, à quel moment, selon quelle trajectoire? La planche?

Pour une fois je me contenterai de ce petit post très court, juste pour vous faire partager cette analogie que je trouve parlante.

Sur ce je vous laisse, je retourne à l'eau, les vagues sont belles aujourd'hui.

dimanche 29 avril 2012

Bridge vs Réflex (ou hybride), lequel choisir?

Une fois de plus j'utilise un titre accrocheur pour un contenu qui peut ne pas correspondre aux attentes de l'internaute qui passera par là, mais j'ai une bonne raison!
Je vais vous parler d'un critère de choix d'un appareil photo qui est trop souvent oublié : la profondeur de champ.

Je ne sais pas si vous l'avez déjà remarqué, mais le flou d'arrière plan est profondément ancré dans notre culture visuelle.
Faites un test simple : à la télévision, dans les journaux, sur les affiches de publicité, dans les dépliants, regardez combien de fois on vous présente un sujet sur lequel votre regard se dirige en le mettant devant un arrière plan flou. Vous allez être impressionné de la multitude de fois où cette technique est utilisée pour faire ressortir un sujet.

Voici une photo où cela est particulièrement visible:


lake of constance II, première mise en ligne par micmojo.


Maintenant que vous voulez savoir si vous devez acheter un bridge, un hybride ou un réflex, je vais vous donner une information qui vous sera très utile si vous ne la connaissez pas déjà : les bridges sont incapables de rendre ce flou d'arrière plan.

Ainsi, une publicité comme celle-ci est mensongère, car le flou que l'on voit derrière le visage de la mariée sera impossible à obtenir avec ce Sony HX20:



Pourquoi? Lisez la suite.

Dans mon post 4 de l'atelier photo, je donne l'explication géométrique, mais je vais ici y ajouter une démonstration pratique.

J'ai pris 5 appareils photo différents : un iPhone 4, un compact Sony DSC-T9, un bridge Pentax X90, un réflex Eos 500D, et un réflex Eos 5D mark II.
Je me suis mis dans la situation d'un photographe qui est assis à quelques mètres de son sujet et qui veut le photographier avec un cadrage précis. Pour cela, je prends mon appareil et je le règle pour obtenir ce cadrage.
En utilisant chacun de ces 5 appareils pour faire cela, on peut comparer le flou obtenu en arrière plan et voir ce qui a une influence sur lui.

Premier exemple : Le plan large

iPhone

Compact

Bridge

Réflex 24x36mm

Résultat?
Aucune différence notoire.

Pourquoi?
Parce que la focale est trop courte, c'est un plan large, pas un portrait, et sur ce type de plan on n'obtient jamais de flou d'arrière plan.
J'ai pris cet exemple car l'iPhone a une focale fixe de 29mm équivalente 24x36, et je voulais faire le test à la même focale équivalente sur les 4 appareils.

Deuxième exemple : Le plan moyen

Mettons nous maintenant dans une situation de portrait, à plus longue focale, disons 100mm en équivalent 24x36.
Voici ce que cela donne:

Compact

Bridge

Réflex 24x36

Ici le résultat est net, le réflex crée beaucoup plus de flou d'arrière plan (aussi appelé bokeh) que le bridge ou le compact.

Une question vient alors à l'esprit : n'existe-t-il pas un réglage qui permette de compenser cela pour obtenir le même flou?

Oui, mais c'est au niveau de l'ouverture et de la focale : elles doivent être identiques. Attention cependant, lorsque je dis identique, ce n'est pas en focale équivalente (on voit ci-dessus que lorsque la focale équivalente est identique le flou ne l'est pas), mais en focale réelle.

Voici deux photos faites avec deux réflex différents (avec des capteurs de tailles différentes), l'Eos 500D et le 5D mark II:

Eos 500D
f/2.8 à 50mm de focale réelle

5D mark II
f2.8 à 50mm de focale réelle

Le bokeh (ou flou d'arrière plan) est le même, sauf que le cadrage ne l'est plus. Si on réduit la focale sur le 500D pour obtenir le même cadrage:
Nous n'avons plus autant de flou à l'arrière plan, ceci parce que la focale est maintenant de 31mm au 50mm, donc le flou a diminué (la focale équivalente à 50mm sur le 500D est de 31mm de focale réelle).

La différence de flou entre un réflex APS-C et un bridge (Lien)

Donc si je résume, pour avoir le même flou il faut la même focale et la même ouverture. Bien.
Lorsqu'on change la focale on n'a plus le même champ (on voit plus large ou plus serré), donc si on utilise la même focale avec deux tailles de capteurs différentes, on ne verra pas sur la même largeur : le capteur plus petit aura un plan plus serré. On peut illustrer ceci de la façon suivante.

Voici les capteurs du réflex 500D (APS-C) et du bridge dont on vient de parler:
Le capteur APS-C qui équipe le réflex 500D est nettement plus grand que celui du bridge (1/2.3").
Pour cette raison, le champ capté par le bridge sera plus serré, comme l'illustre ce dessin:



En haut on peut voir un hérisson pris en photo avec un objectif de focale réelle de 120mm. L'image qui se forme sur le capteur à droite occupe la totalité de celui-ci. Elle est grande car le capteur APS-C est le plus grand des deux.
En bas nous avons le même hérisson sur la gauche, le même objectif de 120mm de focale réelle, mais une image du hérisson sur la droite qui est plus petite car elle doit entrer dans le capteur plus petit. Pour cela il a fallu se place plus loin du hérisson, à 5,20m au lieu de 2,20m comme avec le réflex. Le hérisson que l'on photographie sur la gauche est le même, mais l'image prise sur la droite n'est pas la même car on s'est placé dans les deux cas de telle façon à ce que cette image occupe tout le capteur, et comme celui du réflex (en haut) est plus grand que celui du bridge (en bas), alors l'image du haut (à droite) est plus grande que celle du bas (à droite aussi).

Après avoir constaté cela, on peut se demander si on aura le même fou d'arrière plan dans ces deux cas, autrement dit si on utilise la même focale réelle (120mm), la même ouverture (f/5.0), le même hérisson (de 15cm de haut) avec le réflex et le bridge, et que l'on se place comme sur le dessin ci-dessus de façon à avoir pour le réflex et le bridge un hérisson qui occupe toute l'image. Retrouvera-t-on le même flou en arrière plan?


Essayons.

Voici le hérisson pris avec le bridge:


Nous sommes ici au maximum du zoom de ce bridge Pentax X90, à 120mm de focale. Pour avoir le hérisson de 15 cm de haut de cette taille dans l'image, nous nous sommes placé à 5,20m de celui-ci. Nous avons ensuite fait les réglages suivants pour obtenir une bonne exposition : 100ISO, 1/250s f/5.0.

Prenons maintenant le rélfex avec son capteur APS-C et mettons nous avec les même réglages : 100ISO, 1/250s, f/5.0 à 120mm de focale. Pour avoir le hérisson de la même taille dans l'image, nous nous sommes placé à 2,20m de lui. Voici l'image que l'on obtient:


Trois constations:
  1. On ne voit pas la même chose derrière le hérisson : en bas, avec le réflex, on voit plus de paysage.
  2. Le flou d'arrière plan est plus important, car on ne voit pas qu'il y a un quadrillage (c'est un treillis de jardin).
  3. L'arrière plan est plus lumineux, bien que les réglages soient les mêmes.
Pourquoi le flou d'arrière plan est plus important? La réponse est donnée par le post 4 de l'atelier photo : la distance de mise au point est à 2,20m pour 120mm de focale, alors que dans le premier cas la mise au point était à 5,20m pour la même focale de 120mm. Comme nous étions plus près avec la même focale dans le cas du réflex, le flou d'arrière plan a donc été plus important. Si nous avions reculé avec le réflex le hérisson aurait été plus petite dans l'image, et si nous nous étions approché avec le bridge, le hérisson ne serait plus entré dans l'image, il aurait dépassé.

Pour les constations 1 et 3, c'est l'illustration précédente avec l'objectif, le hérisson et le capteur qui apporte une explication.
Comme on l'imagine grâce à ce dessin, l'arrière plan capté en haut par le réflex sera plus large que celui capté en bas par le bridge, car l'angle du champ couvert sera plus grand. Pour cette raison, le bridge captera l'image d'un hérisson sur un fond restreint et de couleur sombre dû au treillis, alors que le réflex captera aussi du ciel et d'autres éléments plus lumineux que le treillis. Comme ces éléments seront flous, leur lumière sera diffuse sur tout l'arrière plan. C'est pour cette raison que le fond sur la photo du réflex sera plus lumineux.

Petite expérience maintenant : Peut-on en fermant le diaphragme du réflex obtenir le même flou qu'avec le bridge?

Réponse à f/10 (et donc 1/60s):


Oui, on peut obtenir le même flou si on ferme le diaphragme à f/10.
On aura toujours ce champ d'arrière plan plus large (car nous sommes à 2,20m du hérisson et non à 5,20m), mais on retrouvera grâce à la netteté plus grande les formes carrées du treillis.

Au final, pour récupérer le même flou malgré la position deux fois plus proche, il aura fallu modifier l'ouverture d'un facteur deux (mais ceci est approximatif car je ne l'ai pas vérifié par le calcul).

En conclusion, le flou d'arrière plan ne pourra s'obtenir qu'avec un capteur de taille suffisante, autrement dit avec un "crop factor" égal ou inférieur à 2 si on souhaite ce flou sur un portrait (avec le visage de quelqu'un et non un objet aussi petit que ce hérisson).

Pour revenir à la publicité citée au début de ce post, le Sony HX20 possède un capteur de la même taille que celui utilisé pour ce test, et une focale de seulement 89mm (au lieu des 112 mm du Pentax), ainsi, il sera impossible avec cet appareil d'obtenir le flou que l'on voir sur l'image de l'écran dans la publicité. Vous penserez sans doute que l'on a tout de même obtenu un flou sur l'image du hérisson, c'est vrai, mais le hérisson fait 15 cm de haut, soit beaucoup moins que le visage de la mariée. Pour que son visage occupe sur l'image la place que l'on voit dans la publicité, il aurait fallu reculer (en restant au zoom de 89 mm), et cela aurait diminué le flou d'arrière plan car le rapport entre la distance de mise au point et la focale aurait augmenté.

Le crop factor (Lien)
Source: DPreview forum, Wikipedia

Le crop factor est le rapport de taille du capteur en comparaison avec le négatif argentique de 24x36mm. Les réflexes APS-C ont un crop factor de 1.6 (1,54 chez Nikon), les réflexes dits "full frame" de 1 (car leur capteur fait 24x36mm), mais aucun bridge n'a de crop factor inférieur à 2. Le crop factor du bridge utilisé pour ce test est de 5,62.


Le crop factor se calcule simplement en faisant le rapport entre 36mm (largeur du négatif agentique 24x36mm) et la largeur en millimètre du capteur de l'appareil (22.2mm pour l'APC-C Canon, d'où le crop factor de 1.6 = 36mm / 22mm).


Attention cependant, la taille des capteurs et souvent donnée avec le symbol ". Ce symbole est trompeur car il fait référence à l'unité anglaise pouce (ou inch en anlgais), mais le lien entre la longueur en millimètres à laquelle il fait référence et la diagonale de l'image n'est pas directe. En effet, pour un capteur de 4/3", la longueur de 4/3 fait référence à 4/3 de pouce, soit 4/3 x 2,54cm = 3,38cm, or la diagonale de ce capteur est de 2,16cm, soit un peu moins des deux tiers de 3,38cm. Cette différence s'explique par le fait qu'un capteur 4/3" est fabriqué dans un cylindre de silicium de 4/3 de pouces de diamètre, or dans un tel cylindre la portion réellement exploitable pour graver des pixels correspond approximativement aux deux tiers du diamètre du cylindre, d'où la différence entre le nom du capteur en pouces en sa taille réelle.


Malheureusement, la taille du capteur et le crop factor sont des informations qui ne sont que rarement affichées de façon claires dans les caractéristiques des appareils photo, mais on peut ruser pour les obtenir. Pour cela, il suffit de faire le rapport entre la focale réelle (marquée sur l'objectif) et ce que l'on appelle la focale "équivalente 24x36" ou "équivalent 35mm".
Par exemple, pour le Sony HX20 dont on a montré la publicité au début de ce post, on peut lire sur les sites de vente qu'il a un "zoom 20x équivalent 25-500mm". Le "20x" (qui correspond tout simplement à 500 / 25 = 20), tout comme le nombre de pixels du capteur (18 millions) n'a pas le moindre intérêt photographique pour un connaisseur. En revanche, "équivalent 25-500mm" est très important si ensuite on regarde l'appareil photo: 


Autour de l'objectif on peut lire : "3,2-5,8/4,45-89"

Qu'est-ce donc?

"3,2-5,8" sont les nombres d'ouverture au minimum et au maximum du zoom. Ces nombres sont en rapport avec la quantité de lumière que l'objectif va être capable de capter.
"4,45-89" sont les focales minimum et maximum du zoom, et ce sont elles qui nous intéressent.
On a lu que les focales "équivalent" sont 25 à 500 mm, or 25 / 4,45 = 500 / 89 ~ 5,62, c'est le crop factor.
Aussi, cet appareil a un crop factor de 5,62, ce qui est beaucoup trop pour donner un flou d'arrière plan sur un portrait (la limite, nous venons de le voir est de 2). Il sera donc nécessaire d'oublier ce modèle d'appareil si l'on veut réaliser des portraits avec un beau effet de flou en arrière plan.

Les hybrides (Lien)

Les constructeurs ont sorti en 2011 une gamme d'appareils photo nommés "hybrides". Le but de cette nouvelle gamme est de proposer une alternative aux réflexes lorsqu'on voulait disposer d'un capteur assez grand sans pour autant avoir l'encombrement d'un réflex.

Attention cependant, car tous les hybrides n'ont pas la même taille de capteur, et ceux avec les capteurs les plus petits, comme le Nikon One V1 (crop factor 2,7) ou le Pentax Q (capteur de la même taille que le bridge dont je parle ici), ont un crop factor supérieur à 2, ce qui les classent du point de vu du flou d'arrière plan dans la même catégorie que les bridges.

Pour bien choisir, vérifiez la taille du capteur en millimètre, et non en " ou avec une autre appellation, car celle-ci peut être trompeuse. Pour info, plusieurs hybrides comme le Panasonic DMC-GF3C ou l'Olympus PEN E-PL3 ont un capteur 4/3", qui est un capteur conçu pour la vidéo avec 18×13.5 mm, soit un crop factor tout juste égal à 2.

Enfin, si vous souhaitez faire des portraits avec un flou d'arrière plan, en plus de la taille du capteur, il faudra disposer d'un objectif de focale suffisante. Le flou que pourra créer une focale dépend de l'ouverture maximale de l'objectif, mais avec un budget raisonnable il faudra compter au moins 70mm de focale réelle (et non équivalente, attention là aussi) pour pouvoir obtenir un beau flou d'arrière plan sur un portrait.


Conclusion (Lien)

Si les portraits avec un flou en arrière plan sont des images que vous souhaitez faire avec votre appareil photo, vous devez vous équiper d'un hybride à grand capteur ou d'un réflex, mais surtout pas d'un bridge.

Pour savoir si un modèle d'hybride a un capteur suffisamment grand, il faut calculer son crop factor comme ceci est expliqué ci-dessus, afin de savoir si il est inférieur ou égal à 2.


Enfin, une fois équipé d'un hybride ou d'un réflex avec le bon capteur, s'assurer également que l'on possède un objectif avec une focale supérieure ou égale à 70mm, mais pas en valeur "équivalente" comme cela est souvent précisé, il faut avoir au moins 70mm en valeur réelle (celle écrite sur le corps de l'objectif).


Un dernier mot pour terminer sur le nombre d'ouverture. Vous aurez probablement entendu qu'il doit être grand (f/1.4, f/1.8 ou f/2.8). Ce n'est pas faux mais pas rédhibitoire pour autant. Plus le nombre sera grand (f/2.8 par exemple) et plus vous aurez de flou, mais il sera tout de même possible d'obtenir un flou bien marqué avec une ouverture de f/3.5, si la focale de l'objectif est aux alentours de 100mm.

 

vendredi 13 avril 2012

Atelier photo (post 8)

Comprendre les caractéristiques techniques d'un réflex numérique (Lien)


Voici les caractéristiques techniques d'un modèle d'appareil photo numérique, en l'occurrence le 600D de Canon.
Nous allons les parcourir pour faire le lien entre eux et les concepts dont on a parlé dans l'atelier photo. Ceci sera également l'occasion d'aborder d'autres aspects intéressants à connaître pour mieux utiliser et comprendre le fonctionnent d'un réflex numérique.
En revanche, n'attendez pas que je donne les caractéristiques qu'il faut pour un bon appareil photo, car ceci dépend de l'utilisation que l'on souhaite en faire (presque n'importe quel appareil peut être idéal, tout dépend de la façon dont on va l'utiliser).

Caractéristiques techniques
CAPTEUR D'IMAGE
TypeCMOS 22,3 × 14,9 mmLe type de capteur (ici CMOS) parle de la technologie utilisée, plus de détails dans ce paragraphe de l'atelier photo, et pour résumer, CMOS est la technologie la plus répandue aujourd'hui (2012). La taille du capteur en mm est en revanche très importante, car plus le capteur est grand, plus il sera possible d'obtenir un flou d'arrière plan tel que celui-ci. Pour plus d'information sur l'importance de la taille du capteur, voir ce post.
Nombre de pixels effectifsEnviron 18 millions de pixelsInutile de regarder le nombre de pixels d'un capteur, une fois la taille de celui-ci choisi, il y aura toujours plus de pixels que nécessaire.
Nombre total de pixelsEnviron 18,7 millions de pixelsLe nombre total de pixels n'est pas toujours celui effectif car certains appareils photo utilisent des technologies de traitement qui réduisent le nombre de pixels de l'image finale par rapport à ceux utilisés pour la capture.
Ratio de format3:2Le format ratio est le rapport longueur/largeur de l'image. Les classiques de la photo sont 3:2 (format 24x36) et 1:1 (format carré).
Filtre passe-basIntégré/FixeC'est un organe essentiel que tous les capteurs ont de nos jours, pour plus d'informations, voir cet article.
Nettoyage des capteursSystème EOS de nettoyage intégréLe système de nettoyage est une technologie pour décoller les poussières du capteur. Plus ou moins efficace il ne pourra l'être au delà d'une certaine limite, si bien que malgré sa présence il sera nécessaire de procéder à un dépoussiérage manuel du capteur après quelques années, en fonction de la façon dont l'appareil aura été utilisé.
Type de filtre couleurCouleurs primairesLes capteurs de lumière électroniques, comme les chimiques, ne sont capables d'enregistrer que l'intensité lumineuse, et pour reproduire les couleurs il faut en utiliser plusieurs afin de couvrir tout le spectre visible, d'où la présence d'un filtre de couleurs sur le capteur.
PROCESSEUR D'IMAGE
TypeDIGIC 4Ceci est le processeur de calcul qui traite l'image acquise, il est propre à chaque fabricant et les comparaisons entre constructeurs ne sont pas vraiment possibles sur la base du seul nom du processeur.
OBJECTIF
Monture d'objectifEF/EF-SLa monture de l'objectif va déterminer quels sont les autres objectifs que vous pourrez utiliser sur l'appareil photo, et ce même dans d'autres marques (Tamron et Sigma construisent des objectifs pour Nikon et Canon). Bien vérifier cela avant d'acheter un appareil, afin de ne pas se retrouver limité après quelques années d'expériences.
Distance focaleÉquivalente à 1,6× celle de l'objectifLa distance focale est donnée par l'objectif, et celle-ci n'est donc pas fixée par l'appareil photo lorsqu'il dispose d'objectif interchangeable. Le facteur 1,6 donnée ici est le rapport à appliquer afin de comparer cette appareil avec la génération des argentiques qui utilisaient les pellicules 26x36mm. Pour avoir une idée de ce à quoi les distances focales correspondent, voir ce post de blog.
MISE AU POINT
TypeTTL-CT-SIR par capteur CMOSPour cette partie, voir ce paragraphe de l'atelier photo. Pour résumer, quasiment tous les appareils photos utilisent aujourd'hui un système de mise au point basée sur le contraste, donc peu efficace en basse lumière.
Système/Points AF9 collimateurs AF (de type croisé f/5,6 au centre, sensibilité supplémentaire à f/2,8)C'est le nombre de points de l'image sur lesquels la mise point pourra être faite. Cependant, un seul point suffit dans l'absolu, car il est toujours possible de verrouiller la mise au point et de recadrer, donc un grand nombre de collimateurs est surtout utile pour les photographes de sport ou animaliers.
Plage de fonctionnement AFIL -0,5 à IL 18 (à 23 °C, pour 100 ISO)Comme on vient de le dire, la plupart des autofocus sont peu efficaces en basse lumière, c'est pour cela que la plage de fonctionnement est donné ici. Pour plus d'info sur les "IL", voir ce paragraphe de l'atelier photo.
Modes AFAi Focus
One-Shot
Servo Ai
Ce mode sont des façons dont la mise au point va s'activer, pour les détails il faut consulter le mode d'emploi de l'appareil (ce que je conseille vivement de faire avant d'acheter afin de vérifier ce qu'il est vraiment possible de faire). Les termes ici sont propres à Canon, il ne sont donc par transposable d'une marque à une autre.
Sélection du point d'AFSélection automatique, sélection manuelleCeci indique comment l'utilisateur peut choisir lequel des points de mise au point sera utilisé, toujours vérifier si ce genre de réglage peut se faire de façon manuelle.
Affichage du point d'AF sélectionnéCollimateur actif illuminé dans le viseur et affiché sur l'écran LCDCeci permet de voir dans le viseur quel est le point de mise au point qui est utilisé, ceci est bien pratique pour photographier sans sortir l'oeil du viseur.
AF prédictifOui, jusqu'à 10 m¹Ceci est également un mode de fonctionnement propre au fabricant, donc le meilleur moyen de savoir si il vous sera utile est de l'essayer. Dans ce cas précis la mise au point est dite capable de prévoir les mouvements du sujet, ce qui est bien sûr à vérifier de façon pratique avant de le croire.
Mémorisation de l'AFMémorisation lorsque le déclencheur est enfoncé à mi-course en mode AF One-ShotLa mémorisation de la mise au point est indispensable afin de pouvoir la faire où l'on veut dans l'image (et pas seulement à l'emplacement des collimateurs). Il sera donc nécessaire de s'assurer que l'appareil photo possède cette fonction de mémorisation de la mise au point pour pouvoir utiliser la technique de mise au point-mémorisation-recadrage.
Faisceau d'assistance AFÉclairs intermittents émis par le flash intégré ou par un flash Speedlite dédié en optionComme la mise au point est difficile en basse lumière avec ce type de système (TTL), l'appareil dispose d'un éclairage d'appoint pour aider à la mise au point automatique. Ici c'est le flash qui est utilisé comme lumière d'appoint, mais cette technique est très limité en distance (quelques mètres), et il sera donc nécessaire pour les sujets éloigner de savoir faire la mise au point manuellement.
Mise au point manuellePar la bague de l'objectif, par défaut en mode visée directeLa mise au point manuelle peut se faire de différentes façons en fonction des appareils, mais la meilleur est toujours la présence d'une bague avec des graduations, car ceci procure une parfaite maîtrise.
Microréglage de l'AFNonLe microréglage de l'AF permet de corriger la façon dont la mise au point automatique fait le net, en y introduisant un biais.
CONTROLE DE L'EXPOSITION
Modes de mesureTTL à pleine ouverture sur 63 zones
(1) Mesure évaluative (couplée à tous les collimateurs AF)
(2) Mesure sélective au centre (env. 9 % du viseur)
(3) Mesure spot (environ 4 % du viseur au centre)
(4) Moyenne à prédominance centrale
Ici aussi, les modes d'exposition automatiques dépendent du fabricant. Pour les détails il sera nécessaire de consulter la notice de l'appareil, mais on peut tout de même noter que la mise au point "spot" est très utile lorsque l'on travail en manuel, car elle permet de vérifier l'exposition de plusieurs zones de l'image de la même façon que l'on pourrait le faire avec une cellule.
Plage de mesureIL 1 à IL 20 (à 23 °C avec objectif 50 mm f/1,4, à 100 ISO)Comme pour l'autofocus, la mesure d'exposition à ses limites, elles sont données ici. Pour plus d'info sur les "IL", voir ce paragraphe de l'atelier photo.
Mémorisation d’expositionAuto : en mode AF One-Shot avec la mesure évaluative mémorisée une fois la mise au point effectuée.
Manuelle : par pression de la touche de mémorisation de l'exposition (verrouillage AE) dans les modes de la zone créative.
Comme pour la mise au point, la mesure d'exposition est mémorisable. Il sera intéressant de vérifier dans le mode d'emploi qu'il est possible d'utiliser deux boutons différents pour mémoriser l'exposition et la mise au point, afin de ne pas faire les deux au même endroit dans l'image (ceci est possible sur les EOS de Canon).
Correction d'exposition+/-5 IL par paliers de 1/2 ou de 1/3 (combinable avec le bracketing d'exposition automatique)La correction d'exposition est un biais que l'on peut forcer dans le réglage automatique de l'exposition. Il est utile pour sur-exposer ou sous-exposer un cliché, mais son utilisation est limité car la correction d'exposition est totalement inutile lorsque l'on travail en manuel.
AEBSur 3 vues et +/-2 IL, par paliers de 1/2 ou de 1/3L'AEB permet de prendre une série de photos avec des expositions différentes. Ceci est très utile pour faire du HDR. Plus l'amplitude sera grande (ici +/- 2IL) et plus l'AEB sera intéressant pour le HDR (l'idéal serai +/-5 IL).
Sensibilité ISO*AUTO (100-6400), 100-6400 jusqu'à H (environ 12.800) par paliers de 1 ILComme on l'a vu dans l'atelier photo, la sensibilité ISO est la capacité du capteur à saisir les hautes et les basses lumières. Plus les valeurs limites seront étendues, plus cela sera intéressant (mais gare au bruit!)
OBTURATEUR
TypePlan focal à contrôle électroniqueRien de très intéressant ici, car le type d'obturateur est toujours le plus adapté au modèle de l'appareil photo (il est soit mécanique soit électronique).
Vitesses30-1/4000 s (par paliers de 1/3 ou de 1/2), pose longue (Plage totale. Varie selon le mode de prise de vue)La plage de vitesse de l'obturateur n'est pas difficile à étendre, si bien que tous les appareils disposent d'une plage de vitesse suffisante pour tous les usages. Pour les vitesses les plus lentes cependant (supérieures à 30s), il peut être intéressant de se renseigner sur l'existence d'une télécommande, ainsi que sur son prix.
BALANCE DES BLANCS
TypeBalance des blancs auto par le capteur d'imageLa balance des blancs est un réglage indispensable, est la capacité de la faire manuellement un avantage très intéressant.
ParamètresAuto, Lumière naturelle, Ombragé, Nuageux, Tungstène,
Lumière Fluorescente blanche, Flash, personnalisée.
Correction de balance des blancs :
1. Bleu/ambre +/-9
2. Magenta/vert +/-9
Le nombre de balances de blancs sélectionnable est intéressant pour gagner du temps lorsqu'une balance manuelle n'est pas possible, mais cette dernière sera toujours préférable à tous les modes possibles.
Balance des blancs personnaliséeOui, possibilité d'enregistrer un réglageCe mode, comme on vient de le dire, est très intéressant pour avoir une parfaite maîtrise des couleurs du cliché.
Bracketing de la balance des blancs+/-3 valeurs par paliers d'une valeur
3 images bracketées par déclenchement.
Correction fine sélectionnable : bleu/ambre ou magenta/vert
Comme pour l'exposition, il est possible de faire une série de photos en changeant de balance des blancs. L'utilité de cette fonction est limité lorsque l'on photographie au format RAW, car dans ce cas la balance est modifiable après avoir pris la photo.
VISEUR
TypePentamiroirLe mode de visée dépend essentiellement du type d'appareil photo. Il sera toujours préférable de disposer d'une visée optique en plus d'une visée numérique (comme c'est le cas sur les réflex et les TLR comme les Leica).
Couverture (verticale/horizontale)Environ 95%Mis à part sur les modèles haut de gamme, les viseurs ne couvrent pas toute l'image que le capteur saisi, ce pourcentage réellement visible est précisé ici.
AgrandissementEnviron 0,85×¹Ceci est le facteur d'agrandissement du viseur, qui s'ajoute à celui de l'objectif si l'on souhaite avoir le grandissement total entre ce que l'on voit sans l'appareil photo et à travers celui-ci.
Cercle oculaireEnviron 19 mm (depuis le centre de l'oculaire)Le cercle oculaire est la zone du viseur qui présente une image, le but étant que celle-ci soit proche de la taille de notre iris.
Réglage dioptrique-3 à +1 m-1 (dioptries)Pour les personnes portant des lunettes correctrices, le réglage dioptrique sera très utile car elles pourront ainsi regarder dans le viseur de leur appareil et voir l'image nette sans porter leur lunettes.
Verre de viséeFixeCertains verres de visé sont démontables, ce qui permet de viser sans mettre l'oeil dans un viseur. Ceci n'est plus très utile de nos jours avec les écrans LCD réglables.
MiroirMiroir semi-transparent à retour rapide (taux de transmission/réflexion de 40:60, sans occultation avec objectif EF 600 mm f/4 ou à focale plus courte)Comme on l'a vu dans l'atelier au sujet de l'autofocus, les appareils réflex sont munis d'un miroir.
Informations affichées dans le viseurInformations sur l'autofocus : collimateurs AF, témoin de mise au point
Informations sur l'exposition : vitesse d'obturation, valeur d'ouverture, sensibilité ISO (toujours affichée), mémorisation de l'exposition, niveau/correction de l'exposition, cercle de mesure spot, avertissement d'exposition, bracketing d'exposition automatique (AEB)
Informations sur le flash : recyclage, synchronisation haute vitesse, verrouillage d'exposition au flash, correction d'exposition au flash, lumière anti yeux rouges
Informations sur l'image : priorité hautes lumières (D+), prise de vue monochrome, nombre de prises de vues en rafale (affichage à 1 chiffre), correction de la balance des blancs, informations sur la carte SD
Le nombre d'informations affichées dans le viseur est intéressant pour pouvoir photographier plus vite, car il ne sera pas nécessaire de sortir l'oeil du viseur pour modifier les réglages. Sur la majorité, si ce n'est la totalité des réflex, le nombre d'informations présentes dans le viseur est suffisant.
Aperçu de la profondeur de champOui, avec le bouton d'aperçu de la profondeur de champCeci est utile mais réellement exploitable que lorsque l'on a une très bonne vue. Pour plus d'informations sur la profondeur de champ, voir ce paragraphe de l'atelier photo.
Volet d'oculaireIntégréLe volet d'oculaire est utilisé pour les poses très longues (plus de 30s pour les photos de nuit ou le light painting) afin d'éviter que de la lumière entrant par l'oculaire ne vienne polluer le cliché.
MONITEUR LCD
TypeTFT Clear View 3:2 orientable de 7,7 cm (3 pouces), environ 1.040.000 pointsTFT signifie Thin Film Transistor, c'est tout simplement la meilleure technologie d'écran LCD (Liquid Crystal Display), et également la plus répandue.
CouvertureEnviron 100%La couverture est la proportion des images prise qu'il sera possible d'afficher sur l'écran LCD, en l'occurrence 100% donc les images seront affichées en totalité.
Angle de vue (horizontal/vertical)Environ 170°L'angle de vue indique la possibilité que l'on aura de voir l'image lorsque l'on n'est pas en face de l'écran. C'est un défaut des écrans LCD, si l'on n'est pas parfaitement en face les couleurs ne parfois plus les mêmes (et la luminosité est aussi plus faible).
Traitement antirefletAnti-reflet double, anti-traînéesL'anti-reflet permet de réduire l'effet de brillance de la surface de l'écran lorsqu'il reflète une source lumineuse.
Réglage de la luminositéSept niveaux de réglageCette possibilité est bien pratique pour ne pas déranger les spectateurs lorsque l'on photographie en salle ou quand on fait des photos de nuit, pour ne pas faire perdre à notre oeil son accoutumance au noir.
Options d'affichage(1) Écran de contrôle rapide
(2) Paramètres de l'appareil photo
Ceci permet d'afficher sur l'écran LCD soit les réglages de l'appareil, soit les photos se trouvant sur la carte mémoire
FLASH
Nombre guide du flash intégré (100 ISO, mètres)13Le nombre guide indique la puissance du flash. Ce nombre est fait pour pouvoir calculer facilement l'ouverture du diaphragme nécessaire. Ici, à 100ISO, 13 signifie que pour un sujet à 13m l'ouverture devra être de f/1.0, et pour un sujet à 4m de 13/4=3.25 donc f/3.5 en prenant la valeur de réglage la plus proche. Attention, comme on le devine si on connait la méthode APEX, les nombres guide ne s'additionnent pas, car ils correspondent à des ouvertures : deux flashs de NG13 ne donneront pas la même chose qu'un flash NG26, ce sera seulement l'équivalent d'un NG18.
Couverture du flash intégréJusqu'à la focale de 17 mm (équivalent 24 × 36 : 27 mm)Comme une lampe de poche n'éclaire qu'une zone réduite devant vous, un flash ne couvrira pas forcément la même zone que l'image prise par votre appareil. Le flash aura ainsi une focale minimum que sa lumière pourra couvrir, et au delà vous obtiendrez des coins d'image noir. Attention à bien comparer les focales "équivalent 24 × 36", et non les focales réelles pour voir si un flash conviendra à un objectif.
Temps de recharge du flash intégréEnviron 3 secondesC'est le temps nécessaire au flash pour se recharger afin de produire un nouvel éclair. Plus ce temps sera court et plus vous pourrez faire de photos rapidement les unes à la suite des autres.
ModesAutomatique, flash manuel, transmetteur Speedlite intégréEn automatique l'appareil photo calcul seul la puissance de l'éclair (qui pourra donc être plus faible que le nombre guide), en manuel vous sélectionnez la puissance de cet éclair : NG, NG/2, NG/4, NG/8... et le transmetteur Speedlite intégré permet à l'appareil photo de piloter des flashs externes de type Speedlite (marque déposée par Canon) lorsqu'il est en mode flash automatique.
Réduction de l'effet yeux rougesOui (avec lumière anti yeux rouges)La réduction des yeux rouge est une lumière ou une série de flashs émis avant de prendre la photo pour forcer la pupille des sujets photographiés à diminuer de taille, afin que l'oeil rouge soit plus petit (mais il ne disparaîtra pas). Le seul moyen pour ne pas avoir d'yeux rouges est d'éloigner le flash de l'objectif, mais pour cela il faut un flash externe.
Synchronisation X1/200 sPour utiliser un flash il faut que l'éclair soit émit lorsque l'obturateur de l'appareil est ouvert. C'est pour cette raison que si l'obturateur ne reste pas ouvert assez longtemps, la synchronisation entre le flash et l'appareil photo peut être insuffisante et l'éclair du flash émit trop tôt ou trop tard. Lorsqu'on utilise un flash, il y a une vitesse limite au delà de laquelle on ne peut pas monter. C'est la vitesse de synchronisation.
Correction d'exposition au flash+/- 2 IL par paliers de 1/2 ou de 1/3 d'ILIl est possible de demander au flash en mode automatique de faire un éclair plus ou moins puissant que la valeur qu'il calcul, afin de créer des effets. C'est ceci que permet la correction d'exposition au flash.
Bracketing d'exposition au flashOui, avec un flash externe compatibleCeci est la possibilité de prendre une série de photos (généralement 3) avec différentes puissances de flash.
Verrouillage de l'exposition du flashOuiCeci permet de demander au flash automatique de faire son calcul de puissance (un éclair est émit à ce moment) puis de conserver ce réglage pour ensuite prendre une photo avec un autre cadrage que celui ayant servi pour calculer la puissance de l'éclair. Avec la correction d'exposition au flash, ceci est une autre méthode pour créer des effets d'éclairage au flash.
Synchronisation du deuxième rideauOuiLa synchronisation du deuxième rideau est la possibilité de déclencher l'éclaire juste avant que le deuxième rideau de l'obturateur ne se ferme. Ceci est intéressant avec une pause longue pour donner un effet de trainée au sujet.
Griffe/borne PCOui/ -La griffe et la borne PC sont deux modes différents de connexion d'un flash externe (la borne PC étant plutôt pour les flashs de studio)
Compatibilité flash externeE-TTL II avec les flashes Speedlite de série EX, prise en charge du multiflash sans filE-TTL II est un standard Canon de flash avec mode automatique, et Speedlite est une marque déposée par Canon.
Contrôle flash externeVia le menu de l'appareil photoAvec les flashs récents comme les E-TTL II, il est possible de paramétrer et de régler le flash depuis l'écran LCD de l'appareil photo.
PRISE DE VUE
ModesSélection automatique de la scène, sans flash, auto créatif, portrait, paysage, macro, sport, portrait de nuit, film, exposition automatique, priorité à la vitesse, priorité à l'ouverture, manuel, A-DEPLes modes de prise de vue sont des programmes pour faciliter l'utilisation de l'appareil. Ils sont soit automatiques pour faire les meilleurs photos possibles lorsque l'utilisateur ne veut régler qu'un seul paramètre (qui est ce mode), soit manuels lorsque l'utilisateur est prêt à régler un plus grand nombre de paramètres (ici ce sont les modes priorité à la vitesse, priorité à l'ouverture, manuel et A-DEP).
Styles d'imagesAuto, standard, portrait, paysage, neutre, fidèle, noir et blanc, défini par l'utilisateur (×3)Les styles d'image sont des traitements que l'appareil peut appliquer à l'image dès sa capture. Il est cependant toujours possible d'appliquer ces traitements par ordinateur après avoir extrait les photos de l'appareil.
Espace couleursRVB et Adobe RVBLes espaces couleurs sont les espaces colorimétriques que l'appareil photo est capable d'utiliser.
Traitement de l'imagePriorité hautes lumières
Correction auto de luminosité (4 paramètres)
Réduction du bruit en pose longue
Réduction du bruit en ISO élevée (4 paramètres)
Correction automatique du vignettage de l'objectif
Basic+ (prise de vue par sélection d'ambiance, prise de vue par éclairage ou type de scène)
Filtres créatifs (N/B granuleux, mise au point adoucie, appareil lomographique, effet miniature, effet très grand angle), uniquement pendant la lecture des images
Un peu comme les styles d'image, les traitements de l'image sont des modifications que l'appareil peut appliquer aux photos dès leur capture, bien que cela soit toujours possible plus tard sur un ordinateur.
Modes d'entraînementVue par vue, en rafale et retardateur (2 s, 10 s, 10 s + à distance, 10 s + 2-10 photos en continu)Les modes d'entraînement tiennent leurs noms de l'époque où il fallait entraîner l'avancement d'un film. Ils correspondent à la façon dont l'utilisateur va déclencher les prises de photo (une seul par appui sur le déclencheur, en rafale, avec un retard...)
Prise de vue en rafaleMax. Environ 3,7 im./s pour environ 34 images¹³ JPEG, 6 images RAW²³Ceci est le nombre d'images maximum que peut prendre l'appareil chaque seconde en mode rafale. La durée pendant laquelle la rafale pourra se prolonger dépendra de la vitesse de la carte mémoire utilisée dans l'appareil.
MODE LIVE VIEW
TypeViseur électronique avec capteur d'imageLe mode live view est un terme de Canon pour parler de la visée sur l'écran de l'appareil (et non dans le viseur), comme sur les appareils photo compact, bridge et hybrides.
CouvertureEnviron 99 % (horizontalement et verticalement)La couverture est la partie de l'image capturée qui sera visible sur l'écran lors de la visée.
Vitesse de défilement30 im./sLa vitesse de défilement est la vitesse à laquelle l'écran LCD sera mis à jour avec l'image qui se forme sur le capteur de l'appareil.
Mise au pointMise au point manuelle (agrandissement de l'image 5× ou 10× en tout point de l'écran)
Autofocus : mode rapide, mode direct
Comme lors de la visée live view l'autofocus TTL est indisponible, la mise au point se fera d'une autre façon (qui s'apparente à celle utilisée par les appareils photo compacts).
MesureMesure évaluative en temps réel avec le capteur d'image
Le temps de mesure active peut être modifié
Ceci est le mode de mesure pour régler l'exposition lors de la visée en live view.
Options d'affichageQuadrillage, histogrammeLe quadrillage peut s'afficher en surimpression sur l'image pour vérifier la règle des tiers, et l'histogramme permet de vérifier la bonne exposition du cliché.
TYPE DE FICHIER
Type de photoJPEG : fin, normal (compatible Exif 2.30) / format DCF (Design rule for Camera File) (2.0),
RAW : RAW, (14 bits, Canon RAW original 2e édition),
compatible DPOF Version 1.1
Le type de fichier correspond aux modes de codage de l'image que l'appareil photo pourra utiliser. JPEG est celui de moindre qualité mais de compatibilité maximum et RAW est celui de meilleur qualité mais nécessitant un post-traitement sur ordinateur pour obtenir une image utilisable.
Enregistrement simultané aux formats RAW + JPEGOui, RAW + JPEG LargeL'appareil pourra aussi enregistrer deux versions de chaque image, une JPEG et une RAW.
Taille de l'imageJPEG 3:2 : (L) 5184 × 3456, (M) 3456 × 2304, (S1) 2592 × 1728, (S2) 1920 × 1280, (S3) 720 × 480
JPEG 4:3 : (L) 4608 × 3456, (M) 3072 × 2304, (S1) 2304 × 1728, (S2) 1696 × 1280, (S3) 640 × 480
JPEG 16:9 : (L) 5184 × 2912, (M) 3456 × 1944, (S1) 2592 × 1456 (S2) 1920 × 1080, (S3) 720 × 400
JPEG 1:1 : (L) 3456 × 3456, (M) 2304 × 2304, (S1) 1728 × 1728, (S2) 1280 × 1280, (S3) 480 × 480
RAW : (RAW) 5184 × 3456
Les tailles d'image que l'appareil pourra enregistrer sont données en nombre de pixels.
Type de vidéoMOV (vidéo : H.264, audio : PCM linéaire)Le type de vidéo est le format de compression vidéo que l'appareil photo pourra utiliser. H264 est aussi connu sous le nom de MPEG-4.
Taille de vidéo1920 × 1080 (29,97 ; 25 ; 23,976 im./s)
1280 × 720 à 59,94 im./s
640 × 480 (30, 25 im./s)
La taille de la vidéo est donnée en nombre de pixels par image et en nombre d'images par seconde. 1920 × 1080 correspond à la résolution Full HD et 1280 × 720 à la résolution HD.
Longueur de vidéoDurée maximale 29 min 59 s, taille maximale de fichier 4 GoLa longueur de vidéo est la durée maximum enregistrable d'un seul bloc, car au delà il sera nécessaire d'arrêter l'enregistrement quelques secondes le temps de changer la carte mémoire.
DossiersDe nouveaux dossiers peuvent être créés manuellement et sélectionnésLes dossiers seront le moyen de classer les photos afin de les retrouver plus facilement une fois l'appareil photo connecté à un ordinateur.
Numérotation des fichiers(1) Numérotation consécutive
(2) Réinitialisation auto
(3) Réinitialisation manuelle
La façon dont les photos sont nommées par l'appareil photo est paramétrable. Ces noms correspondent à une série chronologique de nombres au l'on peut faire recommencer à 0 quand on le souhaite.
AUTRES FONCTIONNALITES
Fonctions personnalisées11 fonctions personnalisées et 34 réglagesLes fonctions personnalisée sont des réglages plus poussés afin d'adapter le fonctionnement de l'appareil photo aux habitudes de son utilisateur.
Balise de métadonnéesInformations de droits d'auteur d'utilisateur (réglable dans l'appareil)
Évaluation des images (0 à 5 étoiles)
Les balises de métadonnées sont des informations que l'appareil photo peut ajouter dans les images de façon invisible dans celles-ci mais lisible par un ordinateur ou un site internet.
Capteur d'orientation intelligentOuiLe capteur d'orientation intelligent permet d'enregistrer dans les balises de métadonnées si la photo a été prise avec l'appareil photo à l'horizontal ou à la vertical. Ceci permet lors de l'affichage de toujours orienter la photo correctement.
Zoom de lecture1,5× - 10× activé en 15 étapesLe zoom de lecture est la capacité de grossir certaines parties de l'image lorsque celle-ci est visionnée sur l'écran LCD après avoir été prise.
Formats d'affichage(1) Image seule avec informations (2 niveaux)
(2) Une seule image
(3) Index 4 images
(4) Index 9 images
(5) Saut d'affichage
Les formats d'affichage sont les différentes manières dont l'appareil pourra afficher sur l'écran LCD les photos stockés dans la carte mémoire.
DiaporamaSélection des images : toutes les images, par date, par dossier, films, photos
Durée de lecture : 1/2/3 ou 5 secondes
Fonction de répétition : activer/désactiver
Le diaporama est un mode d'affichage par l'appareil sur son écran LCD des images stockées dans sa carte mémoire.
HistogrammeLuminosité : oui
RVB : oui
L'histogramme est le type d'histogramme que l'appareil photo pourra afficher sur son écran LCD pour chaque image stockée dans sa carte mémoire.
Alerte en surbrillanceOuiL'alerte en surbrillance est un moyen d'affichage sur l'écran LCD des informations urgentes de l'appareil photo (batterie faible, surchauffe du capteur...)
Protection contre l'effacement d'imagesSuppression : photo unique, toutes les photos d'un dossier, photos cochées, photos non protégées
Protection : protection contre la suppression d'une photo à la fois
La protection contre l'effacement sont des fonctions destinées à éviter une perte accidentelle des images stockées sur la carte mémoire de l'appareil photo. Sachez cependant qu'un cas de perte d'une image, une utilisation IMMEDIATE d'un logiciel de récupération comme RescuePro vous permettra de récupérer votre image.
Catégories des menus(1) Menu de prise de vue (×4)
(2) Menu de lecture (×2)
(3) Menu de réglages (×3)
(4) Mon Menu
Ce sont les différents menu affichables sur l'écran LCD de l'appareil photo.
Langues du menu25 langues
Anglais, allemand, français, néerlandais, danois, portugais, finnois, italien, norvégien, suédois, espagnol, grec, russe, polonais, tchèque, hongrois, roumain, ukrainien, turc, arabe, thaï, chinois simplifié, chinois traditionnel, coréen et japonais
Ce sont les langues d'affichage disponibles pour les menus de l'appareil photo.
Mise à jour micrologicielleMise à jour par l'utilisateur possibleLe micrologicielle, ou firmware, est le programme qui permet à tout l'appareil photo de fonctionner. Cette mise à jour peut être nécessaire pour corriger des erreurs de conception du fabricant (bugs), ou pour ajouter de nouvelles fonctions à l'appareil.
INTERFACE
OrdinateurUSB Haute-vitesseCeci est le type de connexion utilisable pour relier l'appareil photo à un ordinateur.
AutreSortie vidéo (PAL/ NTSC) (intégrée à l'entrée USB), mini-connecteur de sortie HDMI (compatible HDMI-CEC), microphone externe (mini-prise stéréo 3,5 mm)Ceci sont les autres types de connexions disponibles pour relier l'appareil photo à une télévision ou un microphone externe pour la vidéo.
IMPRESSION DIRECTE
Imprimantes CanonImprimantes photo Canon compactes et imprimantes PIXMA avec prise en charge PictBridgeLes imprimantes Canon sont les imprimantes qu'il sera possible d'utiliser avec l'appareil photo sans passer par un ordinateur.
PictBridgeOuiPictBridge est une interface permettant de connecter l'appareil photo à une imprimante pour tirer des photos sans utiliser un ordinateur.
CONSERVATION
TypeCarte SD, SDHC ou SDXCCe sont les types de cartes mémoire utilisables avec l'appareil photo. Les carte SD, SDHC et SDXC sont de la même famille et physiquement de la même taille.
SYSTEMES D'EXPLOITATION PRIS EN CHARGE
PC et MacintoshWindows XP et Windows SP3 / Vista et Vista SP1 et SP2 (sauf Starter Edition) / 7 (sauf Starter Edition)
OS X v10.5-10.6 (processeur Intel requis)
Le système d'exploitation est celui nécessaire pour utiliser sur un ordinateur le logiciel de post-traitement livrée par Canon avec l'appareil photo.
CONFIGURATION LOGICIELLE
Navigation et impressionZoomBrowser EX / ImageBrowserCe sont les programmes pour ordinateur fournis avec l'appareil photo pour la visualisation et l'impression des images.
Traitement de l'imageDigital Photo ProfessionalCe sont les programmes pour ordinateur fournis avec l'appareil photo pour le post-traitement des images.
AutrePhotoStitch, EOS Utility (inclus : Remote Capture), Picture Style EditorCe sont les programmes pour ordinateur fournis avec l'appareil photo pour la composition de plusieurs images panoramiques en une seule et l'accès à des réglages plus poussés de l'appareil photo.
SOURCE D'ALIMENTATION
Batteries1 batterie lithium-ion rechargeable LP-E8C'est le type de batterie utilisé par l'appareil photo.
Durée de vie de la batterieEnviron 440 (à 23 °C, 50 % en ambiance, 50 % au flash)¹
Environ 400 (à 0 °C, 50 % en ambiance, 50 % au flash)
C'est le nombre approximatif de photos qu'il est possible de faire entre deux charges de la batterie. Pour augmenter ce nombre, il est possible d'utiliser un "grip" qui est une sorte de sabot de l'appareil photo dans lequel on peut mettre deux batteries pour alimenter l'appareil photo.
Indicateur de batterie4 niveauxC'est l'indicateur de niveau d'énergie de la batterie.
Économie d'énergieMise hors tension après 30 s, 1, 2, 4, 8 ou 15 minC'est la possibilité de faire basculer automatiquement l'appareil photo en mode basse consommation lorsqu'il n'est pas utilisé pendant une certaine durée (il s'éteint en quelques sorte).
Alimentation et chargeurs de batterieKit adaptateur secteur ACK-E8, chargeur de batterie LC-E8, LC-E8EC'est le chargeur nécessaire pour recharge la batterie de l'appareil photo (comme pour la batterie, Canon n'est pas le seul fabriquant à proposer ce type d'accessoire).
CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES
Matériau du boîtierAcier inoxydable et résine de polycarbonate avec fibre conductriceCe sont les matériaux principaux avec lesquels la structure de l'appareil photo est fabriquée.
Environnement de fonctionnement0 à 40 °C, 85 % d'humidité maxiC'est la plage de température et d'humidité pour laquelle l'appareil photo a été conçu, en dehors, son fonctionnement n'est plus garanti par le fabriquant.
Dimensions (l x H x P)133,1 × 99,5 × 79,7 mmCe sont les dimensions du boîtier de l'appareil photo (sans son objectif)
Poids (boîtier uniquement)Environ 570 g (norme de test CIPA, avec batterie et carte mémoire)C'est le poids du boitier sans son objectif mais en condition de marche (donc avec sa batterie et sa carte mémoire).
ACCESSOIRES
ViseurŒilleton Ef, correcteur dioptrique de série E avec cadre en caoutchouc Ef, œilleton d'oculaire EP-EX15II, viseur d'angle CCe sont les accessoires pour le viseur proposés par le fabriquant de l'appareil.
BoîtierÉtui semi-rigide EH19-LCe sont les accessoires pour le boîtier proposés par le fabriquant de l'appareil.
Transmetteur sans filCompatible avec les cartes Eye-FiC'est un moyen de communication entre l'appareil photo et un ordinateur pour transmettre les photos.
ObjectifsTous les objectifs EF et EF-SCe sont les types d'objectifs compatibles avec l'appareil photo (EF et EF-S sont des marques Canon dont il existe des versions compatibles chez d'autres fabricants comme Sigma, Tamron ou Samyang).
FlashFlashes Canon Speedlite (220EX, 270EX, 270EX II, 320EX, 420EX, 430EX, 430EX II, 550EX, 580EX, 580EX II, flash annulaire MacroLite, MR-14EX, flash Macrolite à double réflecteur MT-24EX, transmetteur Speedlite ST-E2)Speelite est une marque Canon mais d'autres fabricants font des flashs externes fonctionnant avec les appareils Canon (Sigma, Metz, Sunpak).
Batterie supplémentaireBG-E8Ceci est le "grip" dont j'ai parlé plus haut au sujet de la durée de vie de la batterie.
TélécommandeTélécommande RS-60E3, télécommande RC-6La télécommande permet de déclencher la prise de photo à distance mais attention : la RS-60E3 est à fil et permet de faire des très longs temps de pause (plus de 30s en mode "BULB"), et la RC-6 est sans fil mais ne permet pas de faire ces longs temps de pause.
AutreDragonne E2La dragonne permet d'éviter de faire tomber l'appareil si on l'échappe, mais il existe d'autres systèmes très efficaces pour cela, comme le Jenis Protective Wrist Strap.



dimanche 11 mars 2012

Atelier photo (sommaire)

Après deux ans et demi pour rédiger les 7 articles que m'ont inspirés des amis me demandant en 2009 de leur faire un atelier pour apprendre à se servir de leur réflex tout neuf, voici enfin un ensemble cohérent et à peu près complet.

Il ne manque plus à cela qu'un sommaire, une page les réunissant tous afin d'y accéder plus simplement. La voici:



Je mettrai aussi cette page à jour si jamais j'ajoute des articles à cet atelier (j'ai déjà l'idée de parler des flashs dans un futur post).

Merci enfin pour les commentaires que vous m'avez laissé, ça me fait plaisir de savoir que mon travail est utile.

samedi 10 mars 2012

Atelier photo (post 7)

Le stockage numérique des images (Lien)
Source: Andre Gunther Photography

Jusqu'à maintenant, on a parlé de capture de l'image sur une surface sensible, de représentation des couleurs dans un espace colorimétrique. On a aussi vu que l'oeil, comme les appareils photo numériques, enregistrent les images sous forme de matrices de "pixels".
Maintenant, on va voir comment passer de ces tableaux de points de couleur issus d'un espace colorimétrique, à la suite de 0 et de 1 que constitue un fichier image tel qu'un JPEG.

Avant d'entrer dans les détails techniques des formats d'image, on va parler d'un outil très utilisé en photo : l'histogramme.

L'histogramme (Lien)

Vous avez sans doute déjà vu ce diagramme dans un logiciel photo ou sur l'écran d'un appareil, et vous vous êtes peut-être demandé à quoi il correspondait.

Voici une image:


Et voici deux de ses histogrammes:
Histogramme par couleur
Histogramme par luminosité
Il existe différents types d'histogrammes, mais leur principe reste le même et un seul d'entre eux est vraiment à connaître.
Un histogramme est une représentation graphique du contenu d'une image. Une fois que l'on a compris comment on le crée, on comprend à quoi il peut servir.
Pour créer un histogramme de luminosité, transformer votre image en un tableau d'autant de lignes et de colonnes qu'elle contient de pixels. Inscrivez dans chacune des cases de ce tableau la luminosité du pixels situé à la même place. Comptez ensuite combien il y a de cases pour chaque valeur de luminosité. Vous obtenez alors un liste de valeurs de luminosité (par ordre croissant), et un nombre de pixels (de cases) pour chacune de ces luminosités. Avec ces informations, construisez un histogramme classique tel que celui ci-dessous:


Chacune des barres (séries) de cette histogramme correspond à la somme d'éléments de la liste dont on vient de parler, et ce en fonction de la largeur de la barre.
Si on prend l'exemple de la barre noir, la plus à gauche, elle s'étend de l'abscisse 0 à l'abscisse 50 et est d'une hauteur de 3240. Ceci signifie que le nombre d'éléments de la liste compris entre 0 et 50 est égal à 3240. En d'autres termes, 3240 pixels de l'image ont une luminosité comprise entre 0 et 50.

Si l'on affine beaucoup plus les barres de l'histogramme, et que l'on enlève les étiquettes de données, on obtient alors un histogramme tel que celui-ci (ne cherchez pas de correspondance numérique exacte avec le précédent histogramme car les données ne sont qu'illustratives):


Il n'est pas nécessaire sur un tel diagramme d'avoir d'échelle, car ce qui importe ce sont les proportions. En abscisse, il suffit de savoir que le minimum est à gauche et la maximum à droite (aucun pixel de l'image ne sort de ces limites). En ordonnée, peu importe combien de pixels représente la hauteur des barres, ce que l'on souhaite matérialiser c'est la variation de cette hauteur depuis la luminosité minimum jusqu'à la luminosité maximum.

Pour l'histogramme par couleur c'est la même chose, mais trois fois.
Au lieu de remplacer chaque pixel par sa luminosité dans un seul tableau, on va créer trois tableaux dans lesquels chaque pixel sera remplacé par l'intensité de sa composante rouge pour le premier tableau, vert pour le second, et bleu pour le troisième.
On crée à partir de ces tableaux trois histogrammes de la même façon que pour celui de luminosité, chacun de la couleur de la composante qu'il représente et on les superpose ensuite.
Sous Photoshop, dont sont extraits les histogrammes présentés au début, la superposition des couleurs rouge, vert et bleu est traitée selon la synthèse additive des couleurs. Ainsi, on aperçoit des parties de couleur cyan, magenta et jaune qui sont en fait des zones de superposition entre les histogrammes bleu et vert, rouge et bleu, et rouge et vert. Seule exception à cette synthèse, la superposition des trois composantes ne donne pas du blanc mais du gris moyen, visible sur cet histogramme le long de l'abscisse.

Maintenant que l'on a vu ce qu'était un histogramme, voyons à quoi il peut bien servir.

Il n'y a pas vraiment de règle d'utilisation de l'histogramme, comme il n'y a pas de "bon" ou de "mauvais" histogramme. Personnellement, comme j'en parle dans un précédent post, l'histogramme me sert à deux moments:
  • Lors de la prise de vue, il me permet de vérifier où j'ai du "blanc cramé", et donc de modifier l'ouverture et la vitesse pour les clichés suivants.
  • Lors du développement, il me permet de vérifier que je ne crée pas de "blanc cramé" lorsque je corrige l'exposition d'un cliché au format RAW

Très bien, mais c'est quoi le "blanc cramé"?

Tous système, qu'il soit biologique ou fabriqué par l'homme, possède ses propres limites. Dans le cas des surfaces sensibles, argentiques ou numériques, il y a une limite au delà de laquelle la quantité de lumière reçue "sature" la surface sensible ses composants rouge, vert et bleu. Il en résulte alors un blanc pure qui ne correspond pas à la lumière reçue, mais au fait que celle-ci était trop intense pour la sensibilité de la surface avec laquelle on a tenté de la fixer.
Un "blanc cramé" est un blanc qui représente une perte d'information dans l'image. Même une lumière rouge (ou un objet rouge) peut créer un "blanc cramé" sur une image. Pouvez vous voir la bouche de la personne debout à droite sur cette photo?


Cette personne était tellement éclairée que la lumière qu'elle a reçue, une fois renvoyée vers l'objectif de l'appareil photo, a saturé le capteur de celui-ci. Le résultat est un visage tout blanc avec un maillot non pas bleu, comme celui des personnes assises au centre de l'image, mais blanc. Sur cette photo, le phénomène vient du fait que la personne debout est juste sous la lumière des projecteurs, alors que tous les autres sont dans l'ombre, c'est cela qui explique la différence d'éclairement.

En définitive, l'histogramme m'est vraiment utile pour vérifier que je ne crée pas cette effet "blanc cramé" sur mes photos, mais cela ne signifie pas que cet effet soit à proscrire de toutes vos photos, car il est parfois utilisé pour se créer un fond blanc.


The bride - Explored, première mise en ligne par Andrew Scott Clarke.

Sur la partie gauche de cette photo, il y avait sans doute une pièce avec des meubles et une ou plusieurs fenêtres, mais rien de tout cela n'est visible. Le photographe a volontairement surexposé cette partie de l'image pour noyer tout ce qu'il ne voulait pas avoir sur la photo (la pièce et ses meubles) dans un "blanc cramé". Cette méthode est très pratique hors studio lorsque l'on veut supprimer des éléments de l'image.

Cependant, elle est également utilisée en studio:


Nat High Key - Glamour Editing, première mise en ligne par Jon Wee Photos.

Sur ce cliché, aucun fond blanc n'a été utilisé, mais un fond "gris neutre" tel que celui-ci:



Grâce à ce fond, le photographe pourra disposer d'un fond blanc si il l'éclaire de façon à le "cramer", comme sur la photo que l'on vient de montrer, ou d'un fond noir si il ne l'éclaire pas du tout (du moins beaucoup moins que son sujet):


My American Dream, première mise en ligne par Photos by Enzo D.

Sur cette photo, le fond a non seulement été laissé dans une pénombre suffisante pour apparaitre noir, mais également le guitariste, afin de le faire disparaître lui aussi. D'ailleurs, pour faciliter son éclairage, le photographe a sans doute demandé au guitariste de porter une chemise noir à manches longues, afin de l'aider à l'assombrir en la privant de lumière.

Il n'est pas nécessaire d'être en studio pour reproduire cet effet de fond noir, comme pour le "blanc cramé", il sera très utile en extérieur pour isoler un sujet.


Black Cat, White Light, première mise en ligne par pixel_boy.

Cette technique de création de blanc et de noir par la simple maîtrise de l'exposition est très utile à connaître, même si il est souvent nécessaire pour l'utiliser de disposer de lumière artificielle dont on pourra contrôler la puissance (flashs ou éclairages de studio). Pour le noir, il sera aussi parfois nécessaire de disposer de tissus noir pour mieux faire disparaître certains éléments de l'image.

Sur certains appareils photo, l'histogramme contient des graduations sur son axe horizontal. Lorsque c'est le cas, il peut être utilisé pour plus que simplement vérifier si il n'y a pas de noir parfait ou de blanc cramé. Avec cette photo prise avec un Canon EOS 500D par exemple:


L'histogramme nous montre qu'il n'y a ni noir parfait ni blanc cramé, mais la présence de ces quatre lignes verticales dans celui-ci est une indication supplémentaire. Ces barres nous indiquent la partie de l'amplitude de sensibilité du capteur que l'on a utilisé. Quatre barres délimitent cinq zones, or nous voyons que cet histogramme est totalement absent de la zone la plus à droite (celle des blancs). Ceci signifie que le capteur aurait pu capter des luminosités plus élevées que celles de notre image. Plus élevées certes, mais de combien? C'est là que les limites des cinq zones jouent un rôle. Chaque zone représente 1IL de large (voir le paragraphe sur l'indice de lumination pour plus de détails), ce qui signifie que pour occuper cette cinquième zone vide, on aurait dû exposer le cliché d'1IL de plus, soit un facteur 2 d'ISO, de vitesse ou un facteur 1,4 de diaphragme.
Voici ce que l'on obtient si on expose notre cliché d'1IL de plus en réduisant la vitesse d'un facteur 2 (on passe de 1/1250s à 1/640s):


L'histogramme s'étend maintenant dans cette cinquième zone, l'exposition est meilleure car la dynamique du capteur est mieux utilisée. La luminosité maximum de l'image est plus proche du maximum que le capteur peut saisir, mais sans le dépasser afin de ne pas avoir de blanc cramé.

Et si on augmente encore d'1IL, en passant de 1/640s à 1/320s? On obtient cela:


La dynamique est encore mieux exploitée puisque l'on a toujours pas de blanc cramé, mais que l'histogramme s'approche encore plus de sa limite droite (celle des blancs).

Et à 1/200s?



Maintenant l'histogramme touche sa limite droite, des blancs cramés apparaissent, le cliché est donc surexposé, il fallait s'arrêter avant (au réglage précédent en l'occurrence).

Voici comment l'histogramme que l'appareil photo affiche lors de la lecture d'une image peut être utilisé lors de la prise de vue afin d'améliorer les images prises, mais également de faciliter le post traitement, car plus la dynamique du capteur est utilisée de façon complète, plus la latitude de corrections sera grande lors du développement (sous Lightroom par exemple).


La compression (Lien)

Comme on l'a vu avec le post sur les capteurs d'image, une photo numérique est constituée d'une immense matrice de points de couleur, représentés chacun par trois composantes (rouge, vert et bleu). Une image peut donc être enregistrée comme un tableau dont chaque case contient la quantité de rouge, de vert et de bleu du point de couleur qu'elle représente.

Comme on l'a vu à propos du codage des couleurs, la quantité de rouge, vert et bleu se représente sur une échelle finie. Si l'on souhiate mélanger ces trois informations dans une seule, il suffit alors de définir la taille de cette échelle puis de l'utiliser comme base de comptage pour chacune des quantités. Si on définit par exemple dix niveaux de rouge (de 0 à 9), dix de vert et dix de bleu, chaque couleur pourra se coder sur une échelle de 0 à 999, les unités pour le rouge, les dizaines pour le vert, et les centaines pour le bleu. Dans ce système, le noir sera 0, le blanc 999, le rouge pur 9, le vert pur 90 et le magenta (rouge+bleu) 909.

Une fois la couleur de chaque point codée par un nombre, il ne reste plus qu'à faire une liste de tous les nombres de tous les points de l'image, de gauche à droite puis ligne par ligne, pour avoir la totalité de l'image codée.

Cette méthode fonctionne bien, mais elle prend de la place. C'est pour cela que des méthodes de compression ont été inventées.

Comprimer? Comme une canette qu'on écrase avant de la mettre au recyclage?
Oui, c'est un peu le principe, mais avec l'information que l'on a dans une image il est possible d'aller plus loin.

Lorsque l'on comprime une canette, on essai de réduire sa taille au minimum, c'est à dire la place que prend l'aluminium dont elle est constituée, en réduisant l'espace rempli d'air qu'elle a à l'intérieur. Avec une image on peut faire la même chose. Imaginez l'image d'un oiseau sur fond de ciel bleu cyan. Avec le codage dont on a parlé, beaucoup de pixels de cette image auraient une valeur égale à (vert+bleu) 99. Au lieu d'écrire une longue liste de 99, 99, 99, ... on pourrait tout simple dire 99 se répète cent cinquante mille fois si il y a bien cent cinquante mille pixels de cette couleur à la suite.
De cette façon, on peut réduite la place que prend une image, sans détériorer sa qualité car aucune information n'est perdu. Lors de la décompression, on reproduira bien les cent cinquante mille pixels cyan de l'image d'origine. Ce principe de compression, appelé RLE pour Run Lengh Encoding est utilisé dans les format TIF, GIF et PNG.

Malheureusement, il est rare qu'une image soit constituée d'une longue série de pixels de couleur rigoureusement exacte, même si l'on a un ciel parfaitement bleu.
Aussi, d'autres méthodes de compression sans pertes on été mises au point pour réduire tout de même la taille des images, elle sont cependant nombreuses et un post de blog ne suffirait pas à en faire le tour. La seule chose à retenir est que ces méthodes ne peuvent compresser que si l'information enregistrée est plus pauvre que le format utilisé, un peu comme un bibliothécaire qui aurait prévu de la place dans ses rayonnages pour tous les auteurs de cinq continents depuis l'invention de l'écriture, et qui s'apercevrait lorsqu'il reçoit ses livres qu'il n'a que de la littérature occidentale écrite ou traduite en anglais du XII ème siècle à nos jours. Une grande partie de ses rayons se retrouveraient alors vides. C'est un peu le même principe avec la compression sans perte, on classe et on range de façon à ce que l'on possède prenne le moins de place possible, sans pour autant se débarrasser d'un quelconque livre.

Lorsque les méthodes sans pertes ne sont pas assez efficaces, il est nécessaire de réduire l'information contenue dans l'image, et ainsi de dégrader sa qualité. Le but est que cette dégradation soit la moins visible possible, pour une diminution de taille maximum.

La première méthode de compression avec perte et celle dite de" sous-échantillonnage de la chrominance", ou plus simplement de réduction du nombre de couleurs.
L'idée de cette méthode et de diminuer le nombre de couleurs d'une image en se disant que cette perte de nuances ne sera pas vue par l'oeil. Avec un ciel bleu par exemple, si on passe celui-ci de deux cent bleus différents à vingt, il est probable que l'oeil ne s'en aperçoive pas (un oeil non exercé bien sûr).

Prenons pour exemple cette image:

Nous y voyons beaucoup de nuances dans ses couleurs, il y a en a exactement 83771 différentes. Maintenant nous décidons de réduire le nombre de couleurs de cette image à 256, en regroupant les couleurs proches puis en les remplaçant par une seule. Ainsi, 327 nuances de bleus différentes mais proches seront remplacées par une seule d'entre elles.

Nous obtenons cette image:
La différence est criante. Cependant, certaines méthodes de compression comme le GIF, vont, en gardant seulement 256 couleurs, utiliser une ruse pour limiter l'impression de perte de qualité.
Nous venons de voir la méthode RLE pour compresser sans perte une image. Avec l'image ci-dessus elle serait efficace, car on voit en parcourant les lignes horizontales de pixels que l'on a des séries avec exactement la même couleur. Si maintenant nous décidons de faire une croix sur l'efficacité potentielle de la compression RLE, pour tromper l'oeil en délayant les zones de pixels d'une même couleur dans d'autres d'une nuance proche dans notre table de 256 nuances, voici ce que cela donnerait:


Nous avons ici 256 couleurs uniques, comme sur l'image précédente, mais elles sont en quelque sorte brassées pour que l'oeil ne puisse plus voir d'à plats disgracieux. Bien évidemment, sur une image comme celle-ci la compression RLE sera très inefficace, si bien qu'elle prendra plus de place avec ce mode de compression, mais sa qualité sera meilleure.

Les deux images précédentes ont été faite en compressant plus que de raison au format GIF l'image d'origine. Le format GIF est un format de compression utilisant des méthodes très simples (avec pertes si l'image d'origine a plus de 256 couleurs mais sans pertes dans le cas contraire). Il existe cependant un format extrêmement répandu, le JPG, il se base sur une méthode qu'il est donc intéressant.

Le format JPG (pour Joint Photographic experts Group) utilise plusieurs méthodes combinées pour compresser, dont le sous-échantillonnage de la chrominance et le RLE, mais même lorsque la qualité maximum est sélectionnée, il y a toujours une perte d'information et une dégradation de le qualité de l'image, aussi imperceptible soit elle.

Sans entrer dans les détails, la principale caractéristique de la compression JPG est la transformée cosinus qu'elle applique. Cette dénomination semble savante mais dans la pratique cela se traduit pas un lissage des contrastes. Si deux pixels adjacents ont des couleurs très différentes (comme ça peut être le cas pour une image qui est une capture d'écran d'ordinateur), la compression JPG va créer un flou au niveau de cette limite. On peut voir cet effet si on zoom sur l'image que l'on a présenté plus haut.

Voici l'image d'origine non compressée zoomée:


Puis la voici avec une compression JPG très forte:


On peut voir que l'algorithme de compression a créé des artéfacts autour de chaque limite de couleur, tout simplement parce que la transformée cosinus n'est pas capable de coder des changements brutaux de couleurs, ils doivent être nécessairement progressifs.
Un autre aspect intéressant de la compression JPG est visible dans l'angle droit de de ligne noir, près du centre et légèrement en haut à gauche de cette image. On voit des pixels gris au dessus et au dessous de cet angle, et si l'on regarde attentivement, on s'aperçoit que ces deux copies de l'angle noir s'inscrivent dans un carré de huit pixels de coté : quatre en dessous, l'angle noir constitue le cinquième, et trois au dessus. Cela provient du fait que la compression JPG commence par découper l'image en carrés de huit pixels de coté, puis traite ces carrés les uns après les autres. De ce fait, une image JPG présentera, si on l'examine attentivement, la présence de ces artéfacts carrés de huit pixels de coté.

Dernière chose sur la compression JPG : Même en sélectionnant la qualité maximum lors de l'enregistrement du fichier, il y aura toujours un artéfact de compression.
Voici la même image compressée en qualité JPG maximum:


L'artéfact est très léger mais on peut le voir à la limite entre le blanc et le rouge. La transformé cosinus a adouci la transition en ajoutant un pixel de limite rouge sombre entre le blanc et le rouge pur. Ceci n'est qu'un détail mais il souligne bien que même avec la qualité maximum, une compression avec perte reste une compression avec perte.

En conclusion, il est utile de choisir pour chaque enregistrement d'image le format adapté à l'usage de l'on souhaite faire du fichier : compression sans perte (PSD, PNG, TIF, DNG, RAW), compression avec perte (JPG ou GIF si l'original a plus de 256 couleurs), ou sans compression (BMP).

Le format RAW (Lien)
Source: Understanding What is stored in a Canon RAW .CR2 file, How and Why, Wikipedia

RAW signifie "cru", "brut" en anglais. Ce format est appelé ainsi car il contient les données brutes acquise par l'appareil photo, sans aucune modification.

Ce qu'il faut savoir tout d'abord sur le format RAW, c'est que contrairement au JPG ou au TIF, il ne répond à aucune norme. RAW n'est qu'un terme pour désigner le format brut des données issues d'un appareil photo, mais chaque fabricant code ses fichiers RAW de façon différente. Plus que cela, chaque modèle d'appareil photo code ses fichiers RAW de façon différente. Ainsi, pour lire un fichier RAW il est nécessaire de posséder un programme d'importation compatible avec le modèle d'appareil photo utilisé (le logiciel du fabricant de l'appareil, Adobe Photoshop Lightroom, ou encore Darktable). Pour cette raison, les extensions des fichiers RAW dépendent du fabricant de l'appareil (mais pas nécessairement du modèle). Ainsi, les fichiers RAW Canon ont l'extension CR2, mais ne sont pas tous lisibles de la même façon (car leur codage dépend du modèle de l'appareil). Malgré cela il existe un format RAW qui se veut universel (bien qu'ayant été créé par Adobe) : le DNG, pour Digital Negative. Malheureusement, il n'a été adopté par aucun fabricant d'appareil photo.

Comme nous l'avons vu, les images sont enregistrées avec trois composantes (rouge, vert et bleu) quantifiées sur une échelle. Cette échelle dépend du format d'enregistrement de l'image. Lorsque l'image n'est pas compressée, cette échelle va de 0 à 255 (8 bits) ou de 0 à 65535 (16 bits) pour chacune des trois composantes de couleur. On parle alors de 16 millions de couleurs dans le premier cas (256 à la puissance 3), et de 16 bits par composantes dans le second (car 281 milliers de milliards de couleurs c'est un peu long à prononcer). Une petite parenthèse au sujet de ces nombres de couleurs impressionnants : il existe peu d'études sur le nombre de couleurs que l'oeil humain (le cerveau plus exactement) est capable de différencier, mais on sait par exemple que des employées d'une fabrique de laine du début du XXème siècle étaient capables de trier sans se tromper 20 000 teintes de laine différentes, et certains experts estiment que l'oeil humain peut différencier jusqu'à 10 millions de couleurs.
Dans le cas d'une image RAW, l'échelle de codage des composantes est celle du capteur d'image, soit 15 bits par exemple pour les réflex Canon.

L'avantage d'utiliser le format RAW est que l'on dispose du maximum de latitude de réglage lors du développement du cliché (mais pour cela il faut disposer d'un logiciel de développement comme Lightroom). Par comparaison, une image RAW de Canon Eos 500D a chacune de ses composantes de couleur codée sur 15 bits (de 0 à 32767), alors qu'une image JPG de ce même appareil a ses composantes de couleur codées sur 8 bits (0 à 255), soit 128 fois moins. Bien sûr, si l'on ne possède pas de logiciel de développement, ou que l'on ne souhaite pas en utiliser, le format RAW perd tout son intérêt.
Même si la latitude de réglage lors du développement est plus grande grâce au format RAW, il y a des situations dans lesquelles il ne peut rien.
Nous avons vu plus haut que l'on peut avoir dans une photo des blancs cramés (high key), et des noirs parfaits (low key), qui sont produit lorsque la quantité de lumière atteint la limite de l'échelle enregistrable pour les trois composantes. Dans de tels cas, le format RAW n'apportera rien au niveau des zones cramées de l'image, car si la limite de l'échelle de quantification est atteinte, qu'elle aille de 0 à 255 ou de 0 à 32767, chacune de ses extrémités correspondent à la même quantité de lumière. Une zone cramée en JPG sera donc aussi cramée en RAW.
Dernier mot sur l'utilisation du format RAW : il utilise une compression sans perte (sauf sur certains boitiers Nikon où il est aussi possible de sélectionner une compression avec perte). Comme on a l'a vu avec la compression JPG, celle-ci crée des artéfacts dans l'image, et ce même avec la compression minimum. Le format RAW est aussi compressé, mais avec un algorithme qui ne modifie pas les informations enregistrées (exception à la règle dont j'ai parlé plus haut, cet algorithme s'appelle lossless JPG, mais il n'a de JPG que le nom car il n'utilise pas de transformée cosinus, d'où son absence de pertes). Ainsi, une image RAW ne présentera aucun des artéfacts que l'on pourra voir dans une image JPG, c'est donc le format idéal pour retravailler une image sous Photoshop, car on pourra ensuite choisir de conserver une compression sans perte, alors qu'avec le JPG on aura déjà perdu de l'information.